L’extension de l’accès à l’électricité en Côte d’Ivoire progresse grâce à des mécanismes financiers qui mobilisent des investisseurs locaux et internationaux, parallèlement à la volonté d’augmenter la capacité installée, notamment grâce aux énergies renouvelables.
La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a annoncé fin novembre soutenir une nouvelle émission en Côte d’Ivoire destinée à financer jusqu’à 600 000 branchements électriques dans le cadre du Programme Électricité Pour Tous (PEPT). L’institution apporte une garantie équivalente à 28,3 millions USD, ce qui facilite la participation d’investisseurs locaux et internationaux.
L’opération, qui vise près de 2,8 millions de bénéficiaires, prolonge une première émission réalisée en 2023 qui avait structuré la première obligation sociale du secteur de l’énergie dans l’espace UEMOA. À cette occasion, l’IFC avait également apporté un montant équivalent à 48,8 millions USD et couvert la moitié de l’opération destinée à soutenir jusqu’à 800 000 nouveaux raccordements.
Le PEPT constitue le principal outil de raccordement des ménages à faibles revenus vivant dans des localités électrifiées. Le programme propose un paiement initial réduit et un remboursement échelonné sur les factures d’électricité. Entre 2014 et 2022, il a permis de raccorder 1 500 369 ménages selon les données officielles.
« Le modèle de financement innovant du PEPT continue de changer la donne pour atteindre l’accès universel à l’électricité en Côte d’Ivoire », a déclaré Zahalo Silué, président du Fonds PEPT. « Le soutien de l’IFC à cette deuxième émission obligataire souligne le rôle essentiel que jouent les marchés financiers dans la promotion du développement inclusif et l’amélioration des conditions de vie. »
En Côte d’Ivoire, le taux d’électrification atteignait 72 % fin 2023 selon les données de la Banque mondiale, un niveau au-dessus de la moyenne en Afrique subsaharienne. Mais le pays, qui veut atteindre l’accès universel à l’électricité, vise 17 millions de nouveaux raccordements d’ici 2030.
L’atteinte de cet objectif repose sur des outils financiers comme le PEPT mais également sur un effort parallèle d’augmentation de la capacité de production, grâce notamment à l’intégration de davantage de capacités renouvelables, qui devront représenter 45 % du mix électrique d’ici 2030.
Abdoullah Diop












