Longtemps relégué au second plan au profit du transport routier, le secteur ferroviaire retrouve une place centrale dans la politique de mobilité de l’Algérie. Les autorités poursuivent le développement du réseau national avec le lancement de deux appels d’offres pour la construction d’une nouvelle ligne de 495 km reliant Laghouat, Ghardaïa et El-Meniaa.
Piloté par l’Agence nationale d’études, de suivi et de réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif), ce projet vise à renforcer le transport de marchandises et de passagers entre le nord et le centre du pays, tout en stimulant l’activité économique des régions traversées. Il comprend la construction de l’infrastructure, l’acquisition du matériel roulant et divers travaux connexes.
La ligne est découpée en deux tronçons : Laghouat - Ghardaïa (265 km) avec 5 gares, 21 viaducs, 1 tunnel et 55 ouvrages hydrauliques, et Ghardaïa - El-Meniaa (230 km) avec 3 gares, 6 viaducs et 35 ouvrages supplémentaires. Les trains de voyageurs pourront circuler jusqu’à 220 km/h, tandis que le fret atteindra 160 km/h, témoignant de l’ambition de moderniser le transport ferroviaire et de le présenter comme une alternative crédible à la route.
Le financement mobilise la Banque africaine de développement, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et l’État algérien, dans le cadre d’un programme global de près de 18 milliards USD destiné à moderniser et étendre le réseau ferroviaire.
Au-delà de l’amélioration de la mobilité, la stratégie vise un report modal pour désengorger les routes et réduire les coûts logistiques, notamment pour les filières agricoles et minières. À l’horizon 2030, l’Algérie ambitionne de porter son réseau ferré à 15 000 km, contre 4 722 km en 2023.
Des réalisations concrètes accompagnent déjà cette politique. Le 1er février 2026, la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet, a été inaugurée. Cet axe stratégique soutiendra l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet et l’acheminement du minerai vers les unités de transformation et les ports, consolidant l’ambition de l’Algérie de devenir un hub métallurgique régional.
Henoc Dossa













Bamako